Les bruits courent et se répandent : Jésus est dans la ville,
dans la maison de Simon le pharisien. Le coeur battant, peut-être
désespéré, ELLE (cette femme dont on ne sait pas le nom) saisit cette
occasion extraordinaire de le rencontrer. Prenant avec elle un vase
d'albâtre rempli de parfum, elle se rend chez le notable.
Voilà
cette inconnue, femme de petite vertu, prostituée et Madame « Sans-gêne
» de surcroît, s'inviter à la table du pharisien. À genoux, prosternée
à ses pieds, elle oint la tête de Jésus de son précieux parfum et
mouille ses pieds de ses larmes. De ses cheveux, elle les essuie. Aucun
mot ne sort de sa bouche. C'est une histoire sans paroles, un tableau
bouleversant si riche d'enseignement !
Quelle
serait notre réaction dans notre contexte actuel ? Serions-nous aussi
compréhensifs si nous nous trouvions dans une situation semblable qu'en
lisant ce texte de l'Évangile ? Peut-être pas. En effet, nous jugeons
bien souvent selon les apparences comme ce pharisien. Jésus ne regard
pas à ce qui frappe le regard mais au coeur et ne rejette pas celle qui
s'approche de lui avec sincérité et repentance. Il accorde au
contraire, bénédiction, grâce et pardon pour celle qui abandonne sa
propre gloire.
Sachant
qu'une des caractéristiques de l'évangile de Luc, parmi d'autres, est
l'importance des femmes, ce texte prend une tout autre saveur. Jésus va
se servir de cette femme pour donner une leçon spirituelle au pharisien
mais aussi à nous.
Audacieuse,
courageuse et déterminée dans ses actes, cette femme est déterminée à
le rencontrer. Le geste de cette inconnue essuyant les pieds mouillés
de jésus est fort de symbolisme. Les cheveux représentent la force, la
puissance, l'honneur et la gloire. Par ce geste elle démontre qu'elle
abandonne sa propre gloire pour la déposer aux pieds de Jésus et va
devenir capable de recevoir le cavod de Dieu.
Le mot hébreu cavod signifie
gloire mais aussi lourdeur, pesanteur. Le Rav Mena'hem Berros explique
que le coeur est l'organe qui ressent le plus l'honneur. Il explique
également que le cavod est un feu qui vient de Dieu et qui touche
particulièrement le coeur qui est le lieu même où la personne peut
devenir meilleure. Curieusement, le cavod et lev,
le coeur, ont en hébreu la même valeur numérique, c'est donc par le
coeur que nous pouvons accueillir la gloire de Dieu. L'humilité et
notre attitude de coeur ouvrent une porte grande et large à la
bénédiction de Dieu.
Abandonnant
sa propre gloire, cette prostituée, devient un vase d'argile rempli de
grâce et d'honneur. Elle devient le réceptacle de la gloire de Dieu et
pourra être transformée de gloire en gloire à l'image du Fils de Dieu.
Son
coeur devient le plus beau présent, sa vie le plus précieux des parfums
qui monte jusqu'au trône de Dieu et réjouit son coeur.
N'avons-nous
pas besoin d'avoir cet élan de coeur lorsque nous nous approchons de
Dieu ? De poursuivre notre recherche de lui jusqu'à ce que nous nous
trouvions à ses pieds pour lui exprimer notre adoration ?